Publié par : Louis T Blais | 2 juillet 2014

Confession d’un drogué… de 62 ans à l’activité physique…

Je le confesse, j’ai une certaine obsession de vie pour l’activité physique…

Vers l’automne 1978, j’ai remarqué une affiche qui annonçait le premier Marathon de Montréal se courant en août 1979. À cette époque, j’étais agé de 26 ans, skieur alpin et de fond social, j’avais deux travails et n’avait aucune idée que ce que c’était que de s’entraîner sérieusement. La distance de 42 kilomètres me semblait absolument inatteignable, mais je me se suis dis ‘Si il y a des personnes qui courent cette distance, pourquoi pas moi ?’ Je venais de commencer sans m’en apercevoir ma dépendance à l’activité physique…

Mon ami Richard Chouinard performait à ce moment très bien au niveau national et a même détenu un 6e temps mondial dans une course de 100 kilomètres en Europe. Richard est l’entraîneur du Club de course à pied de l’Université Laval depuis plus de 20 ans.

Mon aventure de vie avec l’entraînement sérieux a donc débuté à ce moment. À cet âge, je n’aspirais pas à performer à quelque niveau que ce soit, mais seulement de faire quelque chose en dehors du commun et peut-être de m’améliorer à mesure que les semaines, mois et années avançaient. L’exemple de Richard que je cotoyais au travail (Richard était responsable du module Kino Québec qui logeait à ce moment à la commission scolaire où je travaillais) piquait ma curiosité et me servirait de locomotive. Et comme toute personne débutant un programme d’exercice physique intense, quand j’arrêtais, il me manquait quelque chose. L’explication de David Servan Schreiber, dans son livre ‘Anticancer’ est que ‘L’effort soutenu fait sécréter des endorphines, mais toute activité physique stimule la dopamine, ce neurotransmetteur essentiel de l’action et du plaisir. C’est là le vrai pouvoir antidépresseur de l’exercice, plus durable que celui des endorphines.’ J’étais accroché…

Les programmes d’entraînement à cet époque étaient rares et l’expertise régionale encore moins; sans parler des souliers en général inadéquats pour ce genre de course. J’ai même fais resemeler une vieille paire d’Etonic finie que j’adorais…
Pour l’entraînement, je me suis inspiré vaguement de ce que Richard faisait. Luc Ricard (autre responsable du module Kino) m’a aussi donné un coup de main à l’époque. Inutile de vous dire qu’à cet époque, on avait un peu l’air des ‘fous en pyjama’, particulièrement quand on courait dans des conditions difficiles de froid, de neige ou de pluie, par exemple. Sans parler des fêtes, congés et autres qu’on passait en partie sur la route à courir… Ma famille croyait qu’il me manquait un bardeau, par moment ! Et ma mère ne cessait de me dire ‘Fais attention à ton coeur !!’

J’ai donc fait de mon mieux pendant près d’un an pour me présenter sur le pont Jacques Cartier le 25 août 1979. Je sais pas pourquoi, mais il semblait qu’une année d’entraînement serait suffisante pour ce projet. Il pleuvait, mais c’était relativement frais. La seule chose que je ne voulais pas faire pendant le marathon était de marcher; j’avais ce principe dans ma tête que si je marchais, je ne serais jamais capable de repartir. Et c’est ce que j’ai réussi, malgré de bonnes et lancinantes douleurs dans les cuisses aux quadriceps et aux ischion-jambiers. Ma mère et ma conjointe de l’époque étaient présentes; je revois ma mère avec ses pantalons bleu pale qui courait dans la boue du gazon de l’arrivée à l’île Sainte-Hélène pour prendre des photos. 3 h 39 pour mon premier. Sur le coup, je me suis juré que c’étais mon dernier marathon; l’avenir me fera mentir à plein ! Mon 2e marathon s’est déroulé quelques mois plus tard dans la folklorique Ile d’Orléans; 3 h 12 me feront espérer de participer un jour au mythique marathon de Boston. Une autre explication à ma dépendance…

Ayant de la famille à Ottawa, les années subséquentes me feront courir ce marathon périodiquement de même que celui de Montréal et aller sous la barre des 3 heures à quelques reprises. Cet objectif de courir sous les 3 heures était nécessaire, car c’étais le temps de qualification pour Boston; cela devenait de plus en plus envisageable. J’avais recommencé à étudier à temps partiel à l’Université et courait occasionnellement sur la piste intérieure du PEPS. Un jour de 1988, je me présente sans le savoir sur la piste dans un test Léger-Boucher (test qui permet de connaître assez précisément ta vitesse aérobique maximale). C’était Richard qui l’administrais; et comme j’avais performé de façon honorable, il m’a invité à faire partie de ses athlètes et de m’entraîner de façon professionnelle, si je le désirais. Une autre façon de m’accrocher à l’activité physique se présentait à moi…

À ma première séance d’entraînement, quelques jours après la course des Pichous du Saguenay, j’ai eu l’occasion de rencontrer mes premiers compagnons de club, Odette Lapierre et Richard Crampon entre autres. Odette a participé à deux Olympiques et Richard est arrivé premier à quelques reprises au Marathon de Boston dans sa classe d’âge des 50 ans et plus, avec des temps entre 2 h 30 et 2 h 40. Inutile de vous dire que j’avais des croûtes à manger avant de pouvoir même penser leur arriver à la cheville. À mon premier entraînement, le réchauffement et les éducatifs m’avaient même un peu taxé avant même de commencer la session… Mais j’étais tellement fier de cotoyer des gens aussi prestigieux dans ce petit monde de la course à pied que j’ai persévéré de façon sérieuse pendant presque 20 ans !

Cela faisait déjà dix ans que je m’entraînais par moi-même et je n’avais jamais réalisé que je pouvais en faire beaucoup plus. Le contact avec des personnes plus performantes m’a beaucoup amélioré au cours des années suivantes. Petit conseil d’accro, si vous voulez vous améliorer, essayez de vous trouver des amis un peu plus forts que vous et essayez de les suivre dans leur entraînement. Si vous réussissez à ne pas vous surentraîner ou vous blesser, vous ferez d’énormes progrès surtout dans vos premiers mois d’activités.

Les années suivantes m’ont permis d’aller à Boston 8 fois entre 1992 et 2005 et de faire ce marathon 2 fois sous la barre des 3 heures. Mon meilleur marathon s’est déroulé à Ottawa en 1981 avec un temps de 2 h 49. Je n’ai jamais compté les marathons réalisés dans ma vie, mais j’ai dû en faire au minimum 40 entre 1979 et 2005.

À partir des années 2005, j’ai délaissé les courses à pied de longue distance, pour faire un peu de triathlon et de duathlon. Le vélo de montagne et de route m’ont également accroché :

•5 raids Trans Gaspésiens (plus de 150 k en deux jours)
•3 raids Pierre Harvey (nouvelle formule 2 jours et un 24 heures)
•le raid des 21
•3 fois le Raid du Massif du sud (2 jours)
•8 fois le raid Vélo Mag
• 5 fois Raid du Bras du Nord (1 fois le 50 k et 4 fois le 90 k)
• plusieurs cyclosportives de route particulièrement en Beauce et dans Charlevoix
•5 fois le 1000 k du Grand défi Pierre Lavoie…

Au cours de ces années, il ne m’est jamais venu à l’idée d’arrêter l’entraînement ou l’activité physique. Il est vrai qu’ayant comme objectif de courir 2 à 3 marathons par année, il n’étais pas question de s’arrêter bien longtemps, si je voulais me présenter sur la ligne de départ et finir dans un temps respectable.Tel que mentionné plus haut, je suis converti dans les années 1990 et 2000 au vélo de montagne, tout en continuant à m’entraîner à la course à pied. C’était une autre corde à mon arc d’entraînement .

Une amie m’a déjà demandé si je prenais du poids quand j’arrêtais de m’entraîner; je lui ai répondu par la négative, car j’ai réalisé à ce moment que je n’ai jamais cessé de m’activer physiquement, même quand j’étais arrêté par la maladie ou les petites blessures d’entraînement subies au cours des années. On dirait que c’est inséré dans mes gênes de m’activer physiquement, même quand je suis diminué pour une raison quelconque.

Je me suis fissuré une vertèbre dans une chute en vélo de route dans les années 90 et la première question que j’ai posé après le diagnostic de fissure de la C2 est ‘Quand est-ce que je pourrai recommencer à courir ?’. Très récemment, j’ai eu le malheur d’avoir une artère coronaire bloquée, probablement à cause de mon hérédité familiale. C’étais fin mars 2014 et encore là, ma première question au cardiologue a été ‘Est-ce que je pourrai faire le 1000 kilomètres du Grand défi Pierre Lavoie, au milieu juin ?’ Je pense que je suis vraiment dépendant…

Je me suis souvent demandé au cours de ma vie si j’étais seul à avoir cette lubie; il semblerait que non d’après mon groupe d’amis. Mais pendant les premières années de mon entraînement, disons que je voyais pas beaucoup de monde faire un 25 kilomètres à la course à pied par moins 20 degrés c, le jour de Noël… Des gens comme Richard Chouinard et Pierre Lavoie (et nombre d’autres que j’oublie) ont su persévérer et maintenir le cap, tout en faisant la promotion de saines habitudes de vie à travers l’activité physique. Je vois encore pas beaucoup de monde de mon âge encore courir par -20 ou +30, mais je vois de plus en plus de jeunes le faire. Et je vois des familles complètes sur les pistes cyclables marcher, courir, rouler à vélo ou en patins; cela me donne confiance pour les prochaines générations. Je crois qu’on a bien semé par nos exemples et notre persévérance, malgré toutes les embûches de température et autres. Même mes parents de près de 90 ans font de l’aquaforme et du vélo, suite à mes conseils.

Parlant de famille, j’ai eu la chance d’avoir une conjointe extrêmement compréhensive au cours de ces années. Cela m’a permis de trouver du temps pour toutes ces petites prouesses et d’entretenir ma dépendance. Je l’en remercie du plus profond de mon coeur; cela m’a permis d’avoir une vie extrêmement bien remplie et j’espère qu’elle continuera à me supporter dans mes projets un peu fous : le prochain un demi Ironman…

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